Refermons la parenthèse "Mainstream records" avec "The Jelly Bean Bandits", groupe de la côte Est et auteur d’un disque foutraque et spontané en 1967.
Issu d’une séance d’enregistrement marathon de douze heures, cet album, à l’énergie débordante, est un bel exemple de Freakbeat sous acide aux sonorités blues.
La chanson "Say Mann" s’impose comme le meilleur titre et s’avère une chronique lucide sur la dépendance aux drogues, responsable de l’atrophie mentale de ce toxicomane.
Label dédié au Jazz, "Mainstream records" a hébergé, dans les sixties, de mystérieuses et délirantes formations psychédéliques. Souvent délaissés ou ignorés à l'époque, leurs disques sont
devenus, au fil du temps, de véritables pièces de collection.
L'unique album de "The Growing Concern" est une "estampe" représentative qui repose sur une maîtrise parfaite des couleurs et des textures musicales. Tramée par d'excellentes
compositions originales et d'étonnantes adaptations (écoutez la fantastique reprise des Yardbirds "Mister you're a better man than I"), cette oeuvre séduit par la belle complémentarité des
harmonies vocales féminines et masculines, les guitares affûtées au son distordu et les lignes d'orgue majestueuses et enivrantes.
Un conseil d'expert, jetez vous sur la reproduction du label "Radioactive".
En provenance de Cleveland, "Banchee" affranchit les carcans musicaux, fait cohabiter le folk et les harmonies vocales dorées de Crosby, Stills, Nash & Young et le Heavy
Psyché, caractérisé par un son lourd et des riffs métalliques.
Ce disque peut déplaire, agacer et risque de décoiffer les amateurs de folk dépouillé ou de folk-rock subtil et novateur.
Dans cet exercice de style que Richie Unterberger trouve totalement incongru (voir sa chronique pour Allmusic), le groupe excelle et délivre en 1969 un premier album cohérent,
dense et mélodique. "Train of Live", un des meilleurs titres, est un aperçu remarquable de leur savoir-faire : les couplets évoluent sur un rythme aérien entraînant, entre folk et pop. Le refrain
fait place à un chant plus puissant et à une envolée de guitares acérées et vigoureuses.
Un disque protéiforme qui séduira les oreilles aventureuses…
Leur second opus "Thinkin’" (1971) tombe dans un hard rock primitif, boursouflé par la profusion de guitares. Conseillé uniquement pour les amateurs du genre.
Une fois n’est pas coutume, cette rubrique célèbre, non pas un disque original, mais une compilation.
"First Bite Of The Apple" est, en effet, plus qu’un recueil d’enregistrements perdus. il s’affirme au fil des écoutes comme un album à part entière, une œuvre authentique et essentielle
autour de laquelle tout amateur de pop sixties devrait converger.
Officiellement, "Focal Point" a publié un unique single "Love you Forever / Sycamore Sid" pour le label Deram en 1968 avant de disparaître de la scène Londonienne mais l’histoire rapportée
ci-dessous entretient la légende qui accompagne le groupe.
Par une belle journée d’été 67, Paul Tennant & Dave Rhodes, musardent dans Hyde Park et aperçoivent Paul McCartney, promenant sa chienne Martha. Ces deux apprentis et culottés musiciens
décident d’accoster leur idole. De cette rencontre fortuite (ou préméditée ?), ils récupèrent le numéro de téléphone de Terry Doran, alors manager de la firme "Apple Publishing", récemment
créée.
Les premières sessions de Paul & Dave impressionnent Terry Doran, Brian Epstein et John Lennon lui-même. L'impresario des "Beatles" décide de les chaperonner et les invite à
rechercher d’autres musiciens afin de conférer à "Focal point" (nom suggéré par Brian) un véritable statut de groupe.
La disparition prématurée de Brian Epstein, retrouvé inanimé dans son lit, est le premier tournant de leur parcours. Après le recrutement de trois instrumentistes, "Focal Point" passe
plusieurs mois à enregistrer ses chansons. Délaissé peu à peu par Terry qui leur préfère "Grapefruit", le groupe sent le vent tourner.
Les rêves les plus fous qui gravitent autour d’Apple et sa gestion hasardeuse conduisent à un fiasco retentissant pour les "Beatles" et à un désastre financier. "Focal Point" ne survivra pas à
cette désillusion.
Au contraire, "First Bite Of The Apple" est une réussite majeure, un bloc mélodique sans faille. Les compositions mid-tempo, vaporeuses et oniriques, servies par la voix troublante de Paul,
portent l’auditeur dans une dimension parallèle où règnent grâce, calme et volupté.
Un proverbe irlandais dit que la bonne musique doit faire rire ou pleurer. Si l’on considère les poilades qui m’agitent à l’écoute de ses albums, Van Dyke Parks doit faire de la très très bonne
musique. Qu’il imite le phrasé des Noirs de Trinidad sur Discover America, qu’il s’amuse avec les titres de ses chansons-on trouve sur Song Cycle "Van Dyke Parks" (Public Domain) et "Public
Domain" (Van Dyke Parks)-entre autres espiègleries, un rien m’amuse, j’en conviens.
Parks a joué sur le "Fifth Dimension" des Byrds et le premier Tim Buckley, produit The Mojo Men et écrit pour le Smile de Brian Wilson-entre autres chef-d’œuvres. Sentant l’impasse, il a quitté
le navire Beach Boys-sur lequel de toutes manières ses ésotériques paroles n’ont jamais amusé personne- pour sortir son propre album. Pour celui-ci, il a contracté les folies de Brian, chansons
cathédrales, labyrinthiques.
Song Cycle est un album comme il y en a peu : j’ai beau l’avoir écouté un nombre incalculable de fois ; je n’arrive pas à l’appréhender dans sa globalité, un peu comme le premier Soft Machine.
Les orchestrations sont délirantes, bien loin des standards rock, jouées par pas moins de 78 musiciens, Van Dyke s’amuse avec sa matière, magnifie le déjà magnifique "Wine Street" de Randy
Newman, le plus beau morceau du monde juste derrière "God Only Knows", trafique sa voix, le tout avec une grâce et une inspiration qu’atteindront peu de groupes baroque pop.
L’album a coûté une fortune à Warner Bros (un peu moins de 50000 dollars pour en rapporter 15000…). Et malgré le titre de "meilleur album de l’année" que lui décernent Esquire et hum…Hi Fi Stereo
Review, Song Cycle n’intéressera pas grand monde.
En écoute, en ce qui concerne "Vine Street", surtout ne vous braquez pas sur les nerveusement éprouvantes quarante premières secondes, c’est le passage par le purgatoire qui mène à la droite de
Dieu.
Van Dyke vient d’arranger et de produire le "Ys" de Joanna Newsom, beau à frissonner. Là, ce sont les petits cris de souris en plastique de la miss qui me font marrer. "Ys" serait-il le Song
Cycle des 00’s ?
Chant du cygne de cette formation du Kansas, "Yes, my friend", face b du 45 tours "somebody help me" (reprise du Spencer Davis Group), est gravé dans le sillon en 1967 après le départ de Val
Stecklein (chant / guitare rythmique), pour raisons psychologiques.
Richard Scott prend alors les commandes vocales et restitue une pop song (oeuvre du remplaçant Larry Burton) extravagante et vaudevillesque qui dénote avec les compositions antérieures
du groupe.
Sur leur unique et excellent album "The Blue things" (1966), le quartet d'origine élabore un folk-rock où l'influence des Byrds et des Beau Brummels paraît évidente.
La sortie de "Revolver" marque un tournant dans la carrière du groupe. Leur musique est rattrapée par le psychédélisme et jouée sous l'emprise de substances illicites : "The Orange Rooftop Of
Your Mind" en est la parfaite illustration.
La réédition CD de 2001 regroupe l'ensemble de leurs enregistrements pour RCA (album + singles).
1968, Tommy Blom vient de saborder "Tages", laissant à la dérive les autres membres de cette formation. Dans cette tourmente, Göran Lagerberg est le plus apte à reprendre la barre et sous son
impulsion, le groupe refait surface sous le nom de "Blond" (clin d'oeil au 1er double album de l’histoire du rock).
Leur unique production "The Lilac Years" est un disque ambitieux, foisonnant d’idées et fortement ancré dans cette période.
Le groupe alterne superbes ballades symphoniques et compositions pop / rock énergiques, tente quelques incursions dans le jazz et le folk et livre au final un album, sans doute moins essentiel
que l’œuvre de "Tages", mais terriblement salvateur.
"Blond" sombre définitivement en 1970, licencié par sa maison de disque. Fin de l’histoire.
Protégé de George Martin, ce duo (à ne pas confondre avec leur homonyme des années 80) rassemblait deux auteurs / compositeurs reconnus des sixties : Roger Cook & Roger Greenaway.
Sous la "pression" de leur mentor, ils enregistrèrent, de 1965 à 1968, une collection de pop songs plaisantes, regroupées sur la compilation toute fraîche du label RPM, intitulée sobrement
"David & Jonathan".
Enrobées dans une production imaginative et mélodramatique, certaines compositions ont fière allure, notamment ce "Bye Bye Brown Eyes".
Tristement négligé par les critiques, jugé conventionnel, "These Things Too" marque le changement.
Très éloigné de l'acid-folk contestataire des débuts, Tom Rapp, maintenant seul maître à bord, parsème ce disque de ballades sobres et charmeuses, soutenues par de discrets instruments
baroques.
Malgré cette mue, les compositions gardent leur part de mystère et d'étrangeté, sans doute accentuée par cette voix tremblante et nazillarde, si identifiable.
Disque éclaireur pour l'immense "The Use of Ashes", "These Things Too" est un passage obligé dans la discographie de Pearls Before Swine.
Los Brincos symbolise, pour les oreilles éveillées ibériques, l’émergence et l’apogée de la pop nationale des sixties. Leur premier album, baptisé "Los Brincos", voit le jour en 1964 et
mêle compositions anglophones et hispaniques dans la plus pure tradition beatlesque. Leur premier succès "Flamenco", les propulse en haut de l’affiche. Ce premier rendez-vous avec la gloire
inaugure une carrière remarquable malgré des chambardements au sein du groupe.
Les albums suivants "Los Brincos 2" (1966) et "Contrabando" (1968) font, aujourd’hui, l’objet d’une quête acharnée et assidue de la part des aficionados de Pop Music.
"Nobody Wants You Now", 45 tours enregistré en 1967 et compilé sur le volume 1 de la série "Circus Days (Pop-Sike Obscurities 1966-1970)", est une excellente intromission à l'univers encore
inexploré de ces "espagnonautes".