Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 20:26

Une fois n’est pas coutume, cette rubrique célèbre, non pas un disque original, mais une compilation.

"First Bite Of The Apple" est, en effet, plus qu’un recueil d’enregistrements perdus. il s’affirme au fil des écoutes comme un album à part entière, une œuvre authentique et essentielle autour de laquelle tout amateur de pop sixties devrait converger.

Officiellement, "Focal Point" a publié un unique single "Love you Forever / Sycamore Sid" pour le label Deram en 1968 avant de disparaître de la scène Londonienne mais l’histoire rapportée ci-dessous entretient la légende qui accompagne le groupe.

Par une belle journée d’été 67, Paul Tennant & Dave Rhodes, musardent dans Hyde Park et aperçoivent Paul McCartney, promenant sa chienne Martha. Ces deux apprentis et culottés musiciens décident d’accoster leur idole. De cette rencontre fortuite (ou préméditée ?), ils récupèrent le numéro de téléphone de Terry Doran, alors manager de la firme "Apple Publishing", récemment créée.

Les premières sessions de Paul & Dave impressionnent Terry Doran, Brian Epstein et John Lennon lui-même. L'impresario des "Beatles" décide de les chaperonner et les invite à rechercher d’autres musiciens afin de conférer à "Focal point" (nom suggéré par Brian) un véritable statut de groupe.

La disparition prématurée de Brian Epstein, retrouvé inanimé dans son lit, est le premier tournant de leur parcours. Après le recrutement de trois instrumentistes, "Focal Point" passe plusieurs mois à enregistrer ses chansons. Délaissé peu à peu par Terry qui leur préfère "Grapefruit", le groupe sent le vent tourner.

Les rêves les plus fous qui gravitent autour d’Apple et sa gestion hasardeuse conduisent à un fiasco retentissant pour les "Beatles" et à un désastre financier. "Focal Point" ne survivra pas à cette désillusion.

Au contraire, "First Bite Of The Apple" est une réussite majeure, un bloc mélodique sans faille. Les compositions mid-tempo, vaporeuses et oniriques, servies par la voix troublante de Paul, portent l’auditeur dans une dimension parallèle où règnent grâce, calme et volupté.

A bon entendeur...


Hassle Castle



Girl On The Corner



Far Away From Forever

Par Pilou72 - Publié dans : Album of the Week
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Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /Déc /2006 00:29

Un proverbe irlandais dit que la bonne musique doit faire rire ou pleurer. Si l’on considère les poilades qui m’agitent à l’écoute de ses albums, Van Dyke Parks doit faire de la très très bonne musique. Qu’il imite le phrasé des Noirs de Trinidad sur Discover America, qu’il s’amuse avec les titres de ses chansons-on trouve sur Song Cycle "Van Dyke Parks" (Public Domain) et "Public Domain" (Van Dyke Parks)-entre autres espiègleries, un rien m’amuse, j’en conviens.

Parks a joué sur le "Fifth Dimension" des Byrds et le premier Tim Buckley, produit The Mojo Men et écrit pour le Smile de Brian Wilson-entre autres chef-d’œuvres. Sentant l’impasse, il a quitté le navire Beach Boys-sur lequel de toutes manières ses ésotériques paroles n’ont jamais amusé personne- pour sortir son propre album. Pour celui-ci, il a contracté les folies de Brian, chansons cathédrales, labyrinthiques.

Song Cycle est un album comme il y en a peu : j’ai beau l’avoir écouté un nombre incalculable de fois ; je n’arrive pas à l’appréhender dans sa globalité, un peu comme le premier Soft Machine. Les orchestrations sont délirantes, bien loin des standards rock, jouées par pas moins de 78 musiciens, Van Dyke s’amuse avec sa matière, magnifie le déjà magnifique "Wine Street" de Randy Newman, le plus beau morceau du monde juste derrière "God Only Knows", trafique sa voix, le tout avec une grâce et une inspiration qu’atteindront peu de groupes baroque pop.

L’album a coûté une fortune à Warner Bros (un peu moins de 50000 dollars pour en rapporter 15000…). Et malgré le titre de "meilleur album de l’année" que lui décernent Esquire et hum…Hi Fi Stereo Review, Song Cycle n’intéressera pas grand monde.

En écoute, en ce qui concerne "Vine Street", surtout ne vous braquez pas sur les nerveusement éprouvantes quarante premières secondes, c’est le passage par le purgatoire qui mène à la droite de Dieu.

Van Dyke vient d’arranger et de produire le "Ys" de Joanna Newsom, beau à frissonner. Là, ce sont les petits cris de souris en plastique de la miss qui me font marrer. "Ys" serait-il le Song Cycle des 00’s ?

 

Chris



Vine Street



The Attic


Par Chris - Publié dans : Le coin des invités
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Dimanche 3 décembre 2006 7 03 /12 /Déc /2006 23:14

Chant du cygne de cette formation du Kansas, "Yes, my friend", face b du 45 tours "somebody help me" (reprise du Spencer Davis Group), est gravé dans le sillon en 1967 après le départ de Val Stecklein (chant / guitare rythmique), pour raisons psychologiques.

Richard Scott prend alors les commandes vocales et restitue une pop song (oeuvre du remplaçant Larry Burton) extravagante et vaudevillesque qui dénote avec les compositions antérieures du groupe.


Sur leur unique et excellent album "The Blue things" (1966), le quartet d'origine élabore un folk-rock où l'influence des Byrds et des Beau Brummels paraît évidente.

La sortie de "Revolver" marque un tournant dans la carrière du groupe. Leur musique est rattrapée par le psychédélisme et jouée sous l'emprise de substances illicites : "The Orange Rooftop Of Your Mind" en est la parfaite illustration.

La réédition CD de 2001 regroupe l'ensemble de leurs enregistrements pour RCA (album + singles).


Yes, My Friend

Par Pilou72 - Publié dans : Song of the Week
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Mercredi 29 novembre 2006 3 29 /11 /Nov /2006 14:33

Reprenons le cours de l’histoire…

1968, Tommy Blom vient de saborder "Tages", laissant à la dérive les autres membres de cette formation. Dans cette tourmente, Göran Lagerberg est le plus apte à reprendre la barre et sous son impulsion, le groupe refait surface sous le nom de "Blond" (clin d'oeil au 1er double album de l’histoire du rock).


Leur unique production "The Lilac Years" est un disque ambitieux, foisonnant d’idées et fortement ancré dans cette période.

Le groupe alterne superbes ballades symphoniques et compositions pop / rock énergiques, tente quelques incursions dans le jazz et le folk et livre au final un album, sans doute moins essentiel que l’œuvre de "Tages", mais terriblement salvateur.

"Blond" sombre définitivement en 1970, licencié par sa maison de disque. Fin de l’histoire.


The Lilac Years



There's A Man Standind In The Corner



In My Dreams (Tages - Tages, 1964-1968!)

Par Pilou72 - Publié dans : Album of the Week
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Samedi 25 novembre 2006 6 25 /11 /Nov /2006 23:03

Protégé de George Martin, ce duo (à ne pas confondre avec leur homonyme des années 80) rassemblait deux auteurs / compositeurs reconnus des sixties : Roger Cook & Roger Greenaway.

Sous la "pression" de leur mentor, ils enregistrèrent, de 1965 à 1968, une collection de pop songs plaisantes, regroupées sur la compilation toute fraîche du label RPM, intitulée sobrement "David & Jonathan".

Enrobées dans une production imaginative et mélodramatique, certaines compositions ont fière allure, notamment ce "Bye Bye Brown Eyes".
 

Bye Bye Brown Eyes

Par Pilou72 - Publié dans : Song of the Week
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Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /Nov /2006 23:51

Tristement négligé par les critiques, jugé conventionnel, "These Things Too" marque le changement.

Très éloigné de l'acid-folk contestataire des débuts, Tom Rapp, maintenant seul maître à bord, parsème ce disque de ballades sobres et charmeuses, soutenues par de discrets instruments baroques.

Malgré cette mue, les compositions gardent leur part de mystère et d'étrangeté, sans doute accentuée par cette voix tremblante et nazillarde, si identifiable.

Disque éclaireur pour l'immense "The Use of Ashes", "These Things Too" est un passage obligé dans la discographie de Pearls Before Swine.


Man In The Tree
Par Pilou72 - Publié dans : Album of the Week
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Dimanche 19 novembre 2006 7 19 /11 /Nov /2006 22:34

Los Brincos symbolise, pour les oreilles éveillées ibériques, l’émergence et l’apogée de la pop nationale des sixties. Leur premier album, baptisé "Los Brincos", voit le jour en 1964 et mêle compositions anglophones et hispaniques dans la plus pure tradition beatlesque. Leur premier succès "Flamenco", les propulse en haut de l’affiche. Ce premier rendez-vous avec la gloire inaugure une carrière remarquable malgré des chambardements au sein du groupe.

 

 

Les albums suivants "Los Brincos 2" (1966) et "Contrabando" (1968) font, aujourd’hui, l’objet d’une quête acharnée et assidue de la part des aficionados de Pop Music. 

"Nobody Wants You Now", 45 tours enregistré en 1967 et compilé sur le volume 1 de la série "Circus Days (Pop-Sike Obscurities 1966-1970)", est une excellente intromission à l'univers encore inexploré de ces "espagnonautes".
 

Nobody Wants You Now

 

Par Pilou72 - Publié dans : Song of the Week
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Mercredi 15 novembre 2006 3 15 /11 /Nov /2006 20:50

Imaginez que vous ayez 18 ans en 68 sous le soleil du Brésil. Oubliez les clichés, les peaux sont peut-être presque nues mais le racisme est latent ; un gouvernement de droite bodybuildée a pris le pouvoir en 64, soutenu par les Etats Unis comme tout bon régime paramilitaire qui se respecte et je vous fais grâce des disparités économiques. Tout la création musicale croule sous le poids trop lourd des schémas harmoniques traditionnelles, à l’instrumentation tout aussi traditionnelle, en particulier celle de la bossa nova apparue la décennie précédente. A ce propos, qui de Nara Léao, Joao Gilberto ou encore notre Henri Salvador (de Bahia ?) a composé le tout premier morceau de bossa ? Mystère et confiture.

Mais devant l’ampleur de la British Invasion qui vient de ravager les Etats Unis, certains artistes -Caetono Veloso, Gilberto Gil, Os Mutantes, Tom Zé, Gal Costa, sans oublier l’indispensable et moustachu Rogério Duprat- vont s’ouvrir à la pop et au psychédélisme, se nourrir de poésie concrète, du Novo Cinéma de Glauber Rocha et des installations d’Hélio Oiticica . Mais ceci sans renier la samba de Carmen Miranda et la bossa des maîtres sus-cités, en les retournant, les incorporant, en les "cannibalisant". De ceci naîtra le tropicalisme.

Après un album de bossa avec Gal, Veloso sort le premier album tropicaliste avec quelques morceaux admirables (Tropicalia, Alegria alegria…), puis c’est au tour de Gil avec un excellent album sur lequel il pousse la provocation à poser dans l’uniforme de l’Académie Brésilienne des Lettres, sabre au clair. C’est alors que Caetono Veloso désirant poser les bases théoriques du mouvement proposera à tout ce petit monde de composer l’album manifeste "Tropicalia ou panis et circenses". On retrouve sur cette merveille l’exubérance de Gilberto , le songwriting de Zé, les délires de Os Mutantes- oubliez vos réflexes de prononciation espagnole, dîtes Os Moutanches et rigolez un bon coup- la délicatesse et le discours très politisé de Veloso et un superbe morceau chanté par Nara Léao, Lindonéia- titre d’un tableau du photographe et peintre tropicaliste Rubens Gerchman. Il y a même (?!) un petit mambo avec Três Caravelas. C’est Rogério Duprat qui signe les incroyables arrangements, très présents, qui semblent dialoguer au plus près avec les voix, d’une inventivité, d’une joliesse, d’une modernité détonantes.

A part deux morceaux en commun- l’énorme Panis et Circenses de Os Mutantes et Bat Macumba par Gil-, il est certainement plus aisé de se procurer l’excellente compilation Tropicalia au remarquable livret-les photos !- sorti sur Soul Jazz. Ils sont tous là, il y a même un morceau de Gorge Ben, sympathisant du mouvement.

Cela allait d’ailleurs mal tourné. Une banderole représentant Cara de Cavalo (Tête de Cheval), un Robin des Bois des favelas abattu par la police avec le slogan "soyez un hors-la-loi, soyez un héros" exposée pendant leurs shows et ce qui sera pris pour des blasphèmes attireront les foudres d’un gouvernement moralisateur et répressif sur les têtes de Veloso et de Gil, qui connaîtront la prison puis l’exil à Londres.


Chris do Brazil (avec tous mes remerciements à Médéric et Céline...)

 

Tous les morceaux sont extraits de "Tropicalia ou panis et circenses". 
 

 Miserere Nóbis (performed by Gilberto Gil)


 Lindonéia (performed by Nara Leão)


 Enquanto Seu Lobo não Vem (performed by Caetano Veloso)

Par Chris do Brazil - Publié dans : Le coin des invités
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Mercredi 15 novembre 2006 3 15 /11 /Nov /2006 20:50

Le label Sunbeam porte bien son nom, par cette fulgurance à déterrer des trésors enfouis du folk et de les exposer (enfin) à la face du monde.

Même si "Woman From The Warm Grass" ne parvient pas à égaler la puissance mélodique de “Upon Velveatur" ou à ébranler la nature exploratrice de l’album de Synanthesia, ce disque mérite d’être salué comme il se doit.

Ce troubadour vagabonde entre ballades minimalistes, mystiques et poétiques, seul avec sa guitare sèche (Song of Sun, Point Of Leaving,…), et chansons électrisantes (Penelope, The Sailor,…) bénéficiant du soutien logistique de "Mighty Baby". 

En bonus, cette réédition nous gratifie d’une chanson brillante et onirique "Tattooed Lady", enregistrée au cours d’une Peel Session, peu après la publication de l’album. Robin Scott cèdant sa place au chant à Penny (son amie de l’époque) et Ian Carruthers (co-auteur).

Au final, un disque attachant, parfois passionnant, que je conseille à tous les mélomanes amourachés de Folk Music.

 Point of Leaving



Tattooed Lady

Par Pilou72 - Publié dans : Album of the Week
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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 18:43

Objet discographique unique de Ill Wind, "Flashes" mérite des louanges malgré son imperfection. Connie Devanney assure l'essentiel des parties vocales seule ou en association avec Richard Griggs, portant littéralement des chansons dérivantes entre folk et psychédélisme.


Ecoutez "Dark World", sublime ballade nonchalante et "People Of The Night", composition country sémillante et dansante : deux sommets de l'album, qui contredisent ouvertement l'affligeante chronique de "Allmusic".


Dark World



People Of The Night


Par Pilou72 - Publié dans : Album of the Week
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