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Le coin des invités

Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /Mai /2007 13:16

« C.A.Quintet ? Je connais, ils ont fait un album fabuleux en 1969, Trip thru hell et ont disparu » pourrait affirmer la plupart des amateurs de rock 60s.

Alors qu’en est-il de ce disque ?

Il s’agit du dernier concert donné par le C.A.Quintet avant de jeter l’éponge en janvier 1971 à Pepin, petite ville du Wisconsin. Ce live comporte 8 titres, 2 originaux et 6 adaptations : "And your bird can sing", "Badge", "Born To Be Wild", "I’m A Man", "4AM In New York City", "Light My Fire", "Wild Child" et "China Clipper".

« Encore un live juke box où les adaptations sont identiques aux versions originales? »

Pas du tout !

C.A.Quintet-LasttripatlakePeppin.jpg  

Après avoir réalisé qu’ils ne seraient jamais millionnaires grâce aux ventes de leurs disques, les membres du C.A.Quintet ont délibérément tourné le dos à la facilité en se concentrant sur leur créativité que ce soit dans les originaux et ici de façon plus remarquable dans les adaptations de titres connus ; ainsi, ces morceaux après être passés à la moulinette selon C.A.Quintet, c'est-à-dire ralentis, disséqués, voire recréés, évoluent sur une palette allant de l’étonnant au quasi-méconnaissable. "And your bird can sing" par exemple sonne comme un original, soit un tour de force pour une adaptation d’une chanson des Beatles.

A noter que cet album ne comporte aucun doublon avec le C.A.Quintet Live 1971 paru en 1984 et est de bien meilleure facture.

Le son, s’il n’a pas et ne peut avoir la qualité d’un enregistrement live d’un groupe trustant les charts a fait l’objet d’un nettoyage sous l’égide de Ken Erwin, leader du groupe, à qui je vais laisser le soin de conclure : « The C.A.Quintet didn’t realize it at the time, but their audience was not the people in the gymnasium that night in 1971.... the audience for the C.A.Quintet hadn’t been born yet » (Le C.A.Quintet ne s’en rendait pas compte à l’époque, mais son public, ce n’était pas les personnes présentes dans la salle cette nuit là en 1971….le public du C.A.Quintet n’était pas encore né).

Si vous rencontrez des difficultés pour trouver cet album, disponible en 33t uniquement, dans vos boutiques préférées, adressez-vous directement à la maison de disques : Swordfishrecords@btconnect.com

 

 And your bird can sing (live)

 

4am in New York city (live)

Par JP65 - Publié dans : Le coin des invités
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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /Mars /2007 20:00

On pouvait craindre le pire en découvrant dans les bacs un nouvel album de Gandalf- sobrement intitulé Gandalf 2. Un album ? En fait un recueil de morceaux achevés, de démos et de lives d’un groupe en pleine déliquescence. Alors, des esquisses de chansons- comme le laisse présager le visuel de la pochette avec sa Méduse annielennoxienne- bien loin des splendeurs de leur premier album hautement psychédélique, doucement angoissé, aux jolies reprises ou des merveilles qui méritaient largement de sortir de l’ombre ?

Pour commencer, on ne retrouve pas ici ce qui faisait la particularité et le charme du premier album, à savoir ce côté complètement défoncé, hyper perché et relax, gorgé d’effets qui retournent la tête mais des morceaux plus anodins. Déjà, les deux lives qui clôturent cette compilation auraient pu être écartés, personne ne s’en serait plaint : son au minimum approximatif, solo de batterie harassant.

On trouve aussi une version de "Golden Earrings" en deçà de celle du premier album. Or, il y a sur Gandalf 2 quelques petites merveilles : le très abouti "Bird In The Hand", le remuant "The Dance at St Francis", "Julie" avec son parfum Mamas and Papas, la jolie ballade "Smokey Topaz" et un "I Won’t Cry No More" très Neil Young.

Au final, un album pas indispensable, en tout cas pas autant que le premier mais très diversifié et attachant.

 

Chris 

 

Bird in the hand (from Gandalf 2)

 

Over this table (from Gandalf 2)

 

You upset the grace of living (from Gandalf)

 

Me about you (from Gandalf)

Par Chris - Publié dans : Le coin des invités
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Dimanche 18 mars 2007 7 18 /03 /Mars /2007 11:14

Pourquoi est-ce qu’un album rencontre du succès ou pas ? La qualité ? Le réseau de distribution de la maison de disques ? Le passage en radio ? La promotion TV ? La chance ?

Certainement un cocktail savant de tous ces ingrédients . Un seul de ces critères n’est pas suffisant en soit.

Qu’en fut-il pour KAK, groupe fondé par Gary Yoder en 1967 à Sacramento (Californie) ?

Leur album éponyme, paru sur Epic en 1969 n’avait pour lui que la qualité des morceaux. Il n’avait aucune chance. Et pourtant… dès la mise en bouche avec "HCO 97658" le ton est mis : des guitares virevoltantes, une mélodie ciselée par des Artistes (pas des plagieurs), des voix caractéristiques, un son unique. Le trépidant voyage se poursuit sur une inspiration jamais mise en défaut que ce soit sur les morceaux mid-tempos comme "Disbelievin'", ou "I’ve got time" ou sur ceux plus rapides, par exemple "Everything’s changing", "Electric sailor" ou "Rain". L’album se termine sur un long morceau, "Lemonaide kid" , qui vous laisse exsangue.

Tous les titres ont un potentiel commercial qui parait aujourd’hui une évidence, mais pas pour leur label qui ne fit aucun effort pour faire connaître KAK.

Si le 33t original est très rare, il a d’abord été réédité au début des années 90 en vinyle par Epic (remord ?) puis en CD par Big Beat en 1999 avec, cerise sur le gâteau, 11 morceaux inédits ou introuvables, 6 de Kak et 5 de Gary Yoder en solo.

Un album essentiel du son West Coast et du rock late 60s en général. Tout simplement.

 

JP65 

 

Disbelievin'

 

Rain (Single Version)

Par JP65 - Publié dans : Le coin des invités
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Dimanche 24 décembre 2006 7 24 /12 /Déc /2006 19:06

 

 

Things go better with Coke ?

 

Derrière cette pochette pour décrire laquelle les mots me manquent se trouvent les jingles commerciaux de Coca Cola de la seconde moitié des sixties.

A en croire le visuel, on l’imaginerait plutôt destinée à une énième compilation de garage punk sixties : un teenager, boots et pantalon cigarette, ingurgite à s’en faire péter la panse des hectolitres de Coca comme s’il s’agissait de l’ultime défonce. Chicots aux racines apparentes, les yeux hors de leurs orbites, flux dégoulinants de fluides corporels : rock’n’roll. On y trouve les Bee Gees, Moody Blues, Troggs, Easybeats, Tremoloes, Left Bank, Box Tops, Roy Orbison, Everly Brothers, American Breed, Vanilla Fudge, Boyce and Hart et tutti quanti. Le refrain est généralement le même : "Things go better with Coca Cola, things go better with Coke" mais à la sauce des tubes des groupes sus-cités.

Or, le truc un peu marrant de l’histoire est que sur la fin, le tracklisting diffère des très succinctes notes de pochette et on a droit - selon toute vraisemblance - à un morceau de "Come Alive" chantant "You’re in the Pespi Generation". A mon avis, les huiles de Coca ont dû fort peu goûter l’humour de nos joyeux compileurs et il semble que quelques exemplaires rescapés du pilon soient arrivés dans les bacs. Vive l’impérialisme yankee et have a Coke…

 

Chris 

 

Tom Jones

 

Left Banke

 

Supremes

 

Nancy Sinatra

Par Chris - Publié dans : Le coin des invités
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Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /Déc /2006 00:29

Un proverbe irlandais dit que la bonne musique doit faire rire ou pleurer. Si l’on considère les poilades qui m’agitent à l’écoute de ses albums, Van Dyke Parks doit faire de la très très bonne musique. Qu’il imite le phrasé des Noirs de Trinidad sur Discover America, qu’il s’amuse avec les titres de ses chansons-on trouve sur Song Cycle "Van Dyke Parks" (Public Domain) et "Public Domain" (Van Dyke Parks)-entre autres espiègleries, un rien m’amuse, j’en conviens.

Parks a joué sur le "Fifth Dimension" des Byrds et le premier Tim Buckley, produit The Mojo Men et écrit pour le Smile de Brian Wilson-entre autres chef-d’œuvres. Sentant l’impasse, il a quitté le navire Beach Boys-sur lequel de toutes manières ses ésotériques paroles n’ont jamais amusé personne- pour sortir son propre album. Pour celui-ci, il a contracté les folies de Brian, chansons cathédrales, labyrinthiques.

Song Cycle est un album comme il y en a peu : j’ai beau l’avoir écouté un nombre incalculable de fois ; je n’arrive pas à l’appréhender dans sa globalité, un peu comme le premier Soft Machine. Les orchestrations sont délirantes, bien loin des standards rock, jouées par pas moins de 78 musiciens, Van Dyke s’amuse avec sa matière, magnifie le déjà magnifique "Wine Street" de Randy Newman, le plus beau morceau du monde juste derrière "God Only Knows", trafique sa voix, le tout avec une grâce et une inspiration qu’atteindront peu de groupes baroque pop.

L’album a coûté une fortune à Warner Bros (un peu moins de 50000 dollars pour en rapporter 15000…). Et malgré le titre de "meilleur album de l’année" que lui décernent Esquire et hum…Hi Fi Stereo Review, Song Cycle n’intéressera pas grand monde.

En écoute, en ce qui concerne "Vine Street", surtout ne vous braquez pas sur les nerveusement éprouvantes quarante premières secondes, c’est le passage par le purgatoire qui mène à la droite de Dieu.

Van Dyke vient d’arranger et de produire le "Ys" de Joanna Newsom, beau à frissonner. Là, ce sont les petits cris de souris en plastique de la miss qui me font marrer. "Ys" serait-il le Song Cycle des 00’s ?

 

Chris



Vine Street



The Attic


Par Chris - Publié dans : Le coin des invités
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Mercredi 15 novembre 2006 3 15 /11 /Nov /2006 20:50

Imaginez que vous ayez 18 ans en 68 sous le soleil du Brésil. Oubliez les clichés, les peaux sont peut-être presque nues mais le racisme est latent ; un gouvernement de droite bodybuildée a pris le pouvoir en 64, soutenu par les Etats Unis comme tout bon régime paramilitaire qui se respecte et je vous fais grâce des disparités économiques. Tout la création musicale croule sous le poids trop lourd des schémas harmoniques traditionnelles, à l’instrumentation tout aussi traditionnelle, en particulier celle de la bossa nova apparue la décennie précédente. A ce propos, qui de Nara Léao, Joao Gilberto ou encore notre Henri Salvador (de Bahia ?) a composé le tout premier morceau de bossa ? Mystère et confiture.

Mais devant l’ampleur de la British Invasion qui vient de ravager les Etats Unis, certains artistes -Caetono Veloso, Gilberto Gil, Os Mutantes, Tom Zé, Gal Costa, sans oublier l’indispensable et moustachu Rogério Duprat- vont s’ouvrir à la pop et au psychédélisme, se nourrir de poésie concrète, du Novo Cinéma de Glauber Rocha et des installations d’Hélio Oiticica . Mais ceci sans renier la samba de Carmen Miranda et la bossa des maîtres sus-cités, en les retournant, les incorporant, en les "cannibalisant". De ceci naîtra le tropicalisme.

Après un album de bossa avec Gal, Veloso sort le premier album tropicaliste avec quelques morceaux admirables (Tropicalia, Alegria alegria…), puis c’est au tour de Gil avec un excellent album sur lequel il pousse la provocation à poser dans l’uniforme de l’Académie Brésilienne des Lettres, sabre au clair. C’est alors que Caetono Veloso désirant poser les bases théoriques du mouvement proposera à tout ce petit monde de composer l’album manifeste "Tropicalia ou panis et circenses". On retrouve sur cette merveille l’exubérance de Gilberto , le songwriting de Zé, les délires de Os Mutantes- oubliez vos réflexes de prononciation espagnole, dîtes Os Moutanches et rigolez un bon coup- la délicatesse et le discours très politisé de Veloso et un superbe morceau chanté par Nara Léao, Lindonéia- titre d’un tableau du photographe et peintre tropicaliste Rubens Gerchman. Il y a même (?!) un petit mambo avec Três Caravelas. C’est Rogério Duprat qui signe les incroyables arrangements, très présents, qui semblent dialoguer au plus près avec les voix, d’une inventivité, d’une joliesse, d’une modernité détonantes.

A part deux morceaux en commun- l’énorme Panis et Circenses de Os Mutantes et Bat Macumba par Gil-, il est certainement plus aisé de se procurer l’excellente compilation Tropicalia au remarquable livret-les photos !- sorti sur Soul Jazz. Ils sont tous là, il y a même un morceau de Gorge Ben, sympathisant du mouvement.

Cela allait d’ailleurs mal tourné. Une banderole représentant Cara de Cavalo (Tête de Cheval), un Robin des Bois des favelas abattu par la police avec le slogan "soyez un hors-la-loi, soyez un héros" exposée pendant leurs shows et ce qui sera pris pour des blasphèmes attireront les foudres d’un gouvernement moralisateur et répressif sur les têtes de Veloso et de Gil, qui connaîtront la prison puis l’exil à Londres.


Chris do Brazil (avec tous mes remerciements à Médéric et Céline...)

 

Tous les morceaux sont extraits de "Tropicalia ou panis et circenses". 
 

 Miserere Nóbis (performed by Gilberto Gil)


 Lindonéia (performed by Nara Leão)


 Enquanto Seu Lobo não Vem (performed by Caetano Veloso)

Par Chris do Brazil - Publié dans : Le coin des invités
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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /Oct /2006 21:16

Lorsque l’on retourne l’album "A banda tropicalista" de Rogério Duprat, il y a une photo où on le voit prendre la pose debout sur son bureau. Je ne sais pas pour vous mais pour moi, il évoque immanquablement Superman.

Les mains sur les hanches, le regard d’un homme qui sait le poids de sa mission, manque juste la cape claquant au vent… Et c’est vrai que dans son genre, c’est un peu Superman, Rogério, au moins l'équivalent d’un George Martin.

Arrangeur de génie, formé aux suites pour violoncelle de Jean Sébastien Bach mais les oreilles ouvertes à la modernité de Webern et aux expérimentations de Stockhausen, Duprat était l’arrangeur attitré des albums tropicalistes, en particulier ceux d’Os Mutantes* et de Gilberto Gil.

En 1968, il sort un album sous son propre nom. Pour celui ci, il ne composera pas mais livrera sa vision de certains standards : "Judy in disguise", "Chega de saudade" et tutti quanti. Chico Buarque, Jobim, Gilberto Gil et Caetono Veloso, évidemment sont aussi au répertoire. Et par conséquent les Beatles : un "Flying" éthéré et "Lady Madonna" que personne ne sauvera jamais. On y trouve aussi une version vraiment géniale de "The rain, the park and other things" que jouaient les Cowsills mais un peu dénudée, moins grandiloquente : un bonheur.

Alors bien sûr, certains n'y verront qu’un album de easy listening alors que c’est un album vraiment attachant, un chouette compagnon qui à chaque écoute prend un peu plus de consistance. Tout en volant haut, très haut, comme…Superman.

*Duprat travaillera une dernière fois avec Os Mutantes sur leur "Jardim elétrico" sorti en 1971, mais enregistré la même année que "A divina comédia ou ando meio desligado". Si vous aimez les Mutants et les pochettes horriblissimes, il vous faut cet album, bien supérieur à "Mutantes" et au moins aussi bon que "A divina comédia".

Chris do Brazil


The Rain, the Park, and Other Things



Flying

Par Chris do Brazil - Publié dans : Le coin des invités
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Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /Sep /2006 21:27

Petit bonheur pop-sike

Oubliez tout ce que vous pensez savoir sur les "Bee Gees" : ce n'était pas qu'une bande de barbus en costars blancs couinant du disco mou de la cuisse. Il faudrait aussi reconsidérer le cas d’ABBA, Mamas and Papas seventies avec un gros pied disco, génial. Réécoutez les disques et pleurez toutes les larmes de votre corps.

Mais revenons à nos moutons, de 1967 à 1970, les "Bee Gees" ont sorti avec une honorable constance quelques bons disques.

Le premier, logiquement intitulé "First" est parfait. On y trouve le standard "To Love Somebody", l'obsédant "Craise Finton Kirk Royal Academy of Arts", mélodie au piano et voix trafiquée, "In My Own Time" et son riff freakbeat, "Please Read Me" et ses incroyables harmonies vocales sur le bridge qui les place jusque derrière les "Beach Boys" à ce petit jeu là, le psychédélique "Red Chair, Fade Away". Le reste de l'album est très "on galope derrière les Fab Four" avec force mellotron, clavecin, bois et cuivres. Reste la touche qui fait la différence : la qualité des voix, en lead et pour les harmonies…

 

Chris



Turn Of The Century



Every Christian Lion Hearted Man Will Show You



Please Read Me


Par Chris - Publié dans : Le coin des invités
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Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /Sep /2006 00:13

 

The Pretty Seeds...

 

Jusqu'alors complètement inconnus des plus zélés dénicheurs d'obscurités sixties, ce n'est qu'en 2002 que les morceaux de Public Nuisance apparurent pour la première fois sur un double CD.

Pourquoi cette déflagration si tardive ? Des bandes perdues ou oubliées ça et là dans de multiples studios et pour le compte de divers labels et puis cette tragique histoire dont le groupe fera les frais et qui contribuera aussi à sa manière à précipiter la fin des swinging sixties : Public Nuisance signe sur Equinox, label de Terry Melcher, -producteur des Byrds et de Paul Revere and the Raiders- et enregistre un album. Or, c'est chez le producteur absent qu'eut lieu l'ignoble massacre de Sharon Tate et ses amis*. Melcher ne se remettra jamais totalement de cet horrible épisode et avec lui son label qui périclite. De nouveau sans maison de disques, le groupe se dissout.

C'est donc grâce à cette compilation que l'on découvre les 28 chansons - j'ai bien dit 28 chansons -enregistrées entre 66 et 69 par le groupe. Public Nuisance enterre - mais alors d'une force ! - les trois quarts des groupes sortis sur les compilations «Nuggets», «Peebles» ou autres «Back from the Grave» et par la qualité de ces morceaux n'est absolument pas réservé aux seuls fans de garage mais s'adresse à tout fan de pop sixties.

Il suffit d'écouter "Man From The Backwoods" ou "Hold On", la stupéfiante montée sur le second couplet de "Holy Man", la production sans âge de "Going Nowhere", la superbe ballade "7 to 10", l'hypnotisant "I Am Going". Ils ont même enregistré selon moi la meilleure cover de "I'm Only Sleeping". Se partageant le chant en lead comme dans les plus grands groupes de cette période, le groupe mêle freakbeat, pop psych et garage, à l'aise sur tous les tempos, les refrains sont énormes, les morceaux parfois agrémentés d'un clavecin, d'orgue, d'harmonica ou encore de thérémine, le tout avec de superbes harmonies vocales.
 

Holy Man



Time Can't Wait



Hold On

 
*Pour ceux que cette histoire intéresse, lire l'incroyable version que rapporte Truman Capote dans son recueil de nouvelles « Musique pour Caméléons » : « Et tout est parti de là » (p.255). Révoltant et absurde.

Par Chris - Publié dans : Le coin des invités
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Lundi 21 août 2006 1 21 /08 /Août /2006 21:32

"Psychedelic Samba"

 

On conçoit mal en 2006 quel a pu être l'impact de St Pepper's Lonely Hearts Club Band en 1967 sur la pop music et la jeunesse de l'époque. Cet album a été religieusement écouté, réécouté par toute une génération. Chacun de ses sons, de ses mots a été disséqué, analysé, d'un Brian Wilson qui y voit une indépassable acmé, mettant un sérieux coup d'arrêt à ses rêves de symphonie pop jusqu'à cette pléthore de groupes qui vont se jeter à corps perdu dans les voies qu'il ouvre.

C'est ainsi qu'un groupe brésilien Os Mutantes -déjà rompu aux expérimentations de Stockhausen et aux premières guitares électriques ramenées par Roberto Carlos- va sortir un album, exact pendant de Sergent Pepper sous le soleil des tropiques. Guitares fuzz, structures complexes, profusion instrumentale, bruitages divers, bizarreries électroniques, le tout laissant une impression rarement rencontrée ailleurs: celle d'un joyeux bordel où tout semble accidentel mais tout en étant d'une virtuosité non feinte. De "Panis et circenses" avec sa seconde partie trépidante, égayée par la trompette et ses bris de verre sur fond de musique symphonique au tube "Baby" en passant par "A minha menina" et sa guitare fuzz sans oublier l'orgue de "Ave, Gengis Khan", "Os Mutantes" marie bossa nova et pop west coast, yéyé et musique concrète, samba et psychédélisme. Comme le disent eux-mêmes Rita Lee, Arnaldo et Sérgio Batista, "tudo es possivel".

L'album et les prestations du groupe seront très mal accueillis par une jeunesse peu habituée à un tel irrespect des traditions musicales et aux guitares électriques, sous le joug d'un régime paramilitaire -qui contraindra en 1969 Gilberto Gil et Caetono Veloso, proches des Mutants à l'exil dans les brumes londoniennes.

Os Mutantes enregistreront deux autres albums dans le même esprit et édulcoreront ce qui faisait leur charme en réenregistrant en 1970 leurs meilleures chansons en anglais sur l'album « Technicolor », bien pâlichon en comparaison de leurs exploits passés.

 

Chris Do Brazil



Panis et Circenses



Ave, Gengis Khan


Par Chris Do Brazil - Publié dans : Le coin des invités
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